Robert Gauthier n'a pas besoin de présentation. Au moment de sa retraite, il y a une quinzaine d'années, il jouissait déjà d'une solide réputation au sein de la communauté botanique du Québec. Sa thèse de doctorat sur les sphaignes du parc des Laurentides, ses années d'enseignement à l'Université Laval, ses nombreuses publications scientifiques et ses trente années à titre de conservateur de l'Herbier Louis-Marie lui ont valu de nombreux éloges.
Cependant, Robert Gauthier ne s'est pas contenté d'une retraite paisible. Bien au contraire, il n'a cessé de s'intéresser aux bryophytes, et c'est cette après-carrière étonnamment riche que la Société québécoise de bryologie a choisi de souligner en lui attribuant le prix Fabius-LeBlanc. En voici quelques faits saillants :
Robert a accueilli un certain bryologue amateur du nom de Jean Faubert, encore débutant, en lui prodiguant des conseils et des encouragements qui ont joué un rôle central dans le parcours bryologique de celui qui allait relancer l'exploration bryologique du territoire québécois. Il a en quelque sorte été le mentor de Jean Faubert, jusqu'à en devenir son ami.
Il a été un des tout premiers membres de la Société québécoise de bryologie et a siégé à son Conseil d'administration pendant une quinzaine d'années.
Il a participé à 13 des 20 éditions de la Formation Kucyniak, à titre de personne-ressource, en y présentant notamment une introduction aux sphaignes.
Il a participé à la plupart des Sorties Dupret et a même accueilli chez lui celle de 2019.
Il a réalisé deux excursions importantes dans la réserve de biodiversité projetée de la Seigneurie-du-Triton et a ainsi grandement contribué à la connaissance de la flore bryologique de ce territoire nouvellement protégé.
Il a continué d'enrichir la collection bryologique de l'Herbier Louis-Marie, qui abrite maintenant plus de 16 000 de ses récoltes.
Il n'a jamais perdu son intérêt pour les sphaignes et a notamment publié dans les Carnets de bryologie deux articles établissant respectivement la présence du Sphagnum strictum et du Sphagnum beothuk sur le territoire québécois.
Il s'est aussi intéressé aux hépatiques et particulièrement au genre Frullania : il a notamment publié dans les Carnets de bryologie un article confirmant la présence du Frullania brittoniae sur le territoire québécois et en a écrit un autre, encore sous presse, sur la découverte du Frullania stylifera au Québec et en Ontario.
Il accueille régulièrement chez lui amis et amies bryologues de passage, en leur proposant des excursions qui ont mené à la réalisation d'une liste des bryophytes du Kamouraska (Lepagea no 25), laquelle compte actuellement 360 taxons.
Il a contribué à la rédaction de la Flore des bryophytes du Québec-Labrador et a rédigé la préface du guide d'initiation À la découverte des mousses et autres bryophytes du Québec.
Il participe de manière assidue aux Soirées bryologiques virtuelles du mardi soir et y présente régulièrement des spécimens, appuyé par des photographies d'une qualité exceptionnelle.
C'est donc avec admiration et reconnaissance que la Société québécoise de bryologie a décidé de souligner la contribution remarquable de notre ami Robert en lui décernant le prix Fabius-LeBlanc 2026.
Étienne Lacroix-Carignan, à droite, président de la SQB, a présenté le prix Fabius-Leblanc 2026 à Robert Gauthier, au centre, qui reçoit une plaque souvenir des mains de Stéphane Leclerc.
Photo : Marc Chantal Plaque remise au lauréat.
Photo : Stéphane Leclerc